Carnet de voyage / 3 idées de pages pour l’été

L’été invite à ralentir, à regarder autrement, à capturer ce qui serait autrement oublié dès la rentrée. Pas besoin d’un atelier équipé ni d’une trousse complète : un carnet, un stylo, quelques couleurs suffisent pour créer des pages vivantes et personnelles.

Après la page cabinet de curiosités, la pleine page et la page à bulles proposées dans un article précédent, voici trois nouvelles idées à glisser dans ton carnet de vacances cet été.

1. La page palette du jour

L’été est une explosion de couleurs : le turquoise d’une piscine, le rouge d’une pastèque coupée, le blanc aveuglant d’un mur de pierres, le vert presque noir d’un pin parasol à contre-jour. La page “palette du jour” consiste à collecter ces couleurs directement sur une page de ton carnet, comme un botaniste collerait des fleurs dans un herbier.

Idéal pour :
Les journées à la mer ou à la montagne, les marchés, les jardins, les terrasses de café, les moments où tu n’as pas envie de dessiner mais envie de garder une trace sensorielle.

Pourquoi c’est génial ?
Tu observes différemment : non plus les formes, mais les couleurs. La page devient une empreinte de l’ambiance du jour, bien plus précise qu’une photo et intimement lié à tes émotions. C’est une approche douce et accessible, même pour quelqu’un qui ne se sent pas capable de dessiner.

Ce nuancier pourra aussi devenir une bibliothèque de couleurs pour tes futures aquarelles de voyage.

Comment faire :

  1. Réserve une page entière ou une demi-page. Facultatif : crée un cadrillage avec du scotch washi 0,5 cm ou au crayon léger pour avoir des carrés réguliers prêts à être rempli. Tu peux aussi utiliser l’intérieur d’un rouleau de scotch pour créer des ronds si tu préfères.
  2. Choisis une vue : ce que tu vois deouis la fenêtre de ton hotel, ton spot plage préféré, les couleurs de façades de la ville où tu es, etc. Chaque visite est l’occasion de célèbrer les couleurs de ton voyage.
  3. Pose tes couleurs, pures ou mélangées, du plus clair au plus sombre ou dans l’ordre où tu les as croisées.
  4. Ajoute le lieu, la date et quelques notes si tu veux. Tu peux aussi laisser de la place pour venir coller la photo de référence que tu auras imprimée.
  5. Facultatif : Nomme tes couleurs à ta façon : “l’eau à 14h”, “les tomates du marché”, “l’ombre sous le platane”.

Variante :

Faire le même exercice sous forme de taches de couleurs libres.

Matériel minimal : une boîte d’aquarelles, un pinceau moyen, un scotch washi 0,5cm de large et un stylo pour les mots.

2. La page collage de voyage (junk page)

Les vacances génèrent des petits papiers que l’on ramasse sans trop y penser et que l’on finit par jeter : tickets de bus, serviettes en papier imprimées, emballages de glace, étiquettes de bouteilles, cartes postales, bouts de cartes routières. La page collage “junk” consiste à faire de ces fragments le cœur de la page, en les associant éventuellement à quelques croquis rapides ou à des notes manuscrites.

Idéal pour :
Les journées très remplies où l’on n’a pas eu le temps de dessiner, les voyages en transports, les après-midi de pluie à l’intérieur, les moments où la main hésite mais l’envie est là. C’est le genre de page qu’on peut aussi faire au retour pour utiliser tous les papiers qui n’auront pas trouvé leur place dans tes pages précédentes.

Pourquoi c’est génial ?
Le collage retire la pression du dessin. Les éléments collés font déjà tout le travail de composition et de couleur. Tu n’as plus qu’à ajouter quelques lignes, quelques mots, une touche de couleur par-ci par-là. La page se construit presque seule et reste profondément personnelle, personne d’autre n’aurait exactement les mêmes fragments.

Comment faire :

  1. Garde les petits papiers du jour ou du voyage complet dans une pochette ou entre les pages du carnet.
  2. Le soir ou au retour, dispose ces papiers sur la page avant de coller pour trouver une composition qui te plaît. Colle, puis complète avec un croquis rapide, une date, une phrase, une émotion.
  3. Un fond d’aquarelle posé avant ou après le collage unifie l’ensemble.

Variante :

Prendre une perforatrice carrée ou simplement une paire de ciseaux et découpe des carrés ou différentes formes dans tes flyers, tickets, etc. Colle-les ensuite sur ta page pour une sorte de mosaïque colorée.

Matériel minimal : des ciseaux, du scotch ou un bâton de colle, un stylo, éventuellement quelques couleurs.

3. La page mosaïque

Une règle, un stylo et quelques traits : la page mosaïque commence par une grille de carrés et de rectangles irréguliers qui quadrillent toute la surface du carnet. Chaque case devient ensuite un fragment de journée (une couleur, un mot, un mini croquis, une émotion, une texture,…) comme les pièces d’un puzzle qui raconte l’été sans chercher à tout expliquer.

Idéal pour :
Les journées denses et riches en sensations, les visites de musées, de jardins ou de bâtiments historique, les moments où l’on veut garder des formes sans passer par le détail.

Pourquoi c’est génial ?
La grille structure la page avant même de commencer : plus de page blanche intimidante. Chaque case est petite, donc chaque geste est libre et sans pression. On peut mélanger les langages sans souci de cohérence : une case de couleur pure posée à l’aquarelle voisine naturellement avec un mot griffonné, un petit croquis de 30 secondes ou un fragment collé. L’irrégularité des cases crée du rythme et du mouvement, et la page entière prend vie comme une mosaïque de souvenirs sensoriels.

Comment faire :

  1. À la règle ou à main levée, trace des lignes horizontales et verticales sur toute la page en variant les espacements : certaines cases très petites, d’autres plus grandes. Pas besoin de symétrie, l’irrégularité est ce qui rend la page vivante.
  2. Laisse quelques cases fusionner en ne traçant pas toutes les lignes jusqu’au bord, cela crée des espaces plus grands pour un croquis ou un lavis de couleur.
  3. Remplis les cases au fil de la journée, le soir ou au retour :
    • une touche de couleur pure vue dans la journée
    • un mot, une sensation : “chaud”, “sel”, “lenteur” ou quelques phrases
    • un mini-croquis rapide : une feuille, une silhouette, un objet
    • un fragment collé : un bout de serviette, un ticket
    • une case laissée vide ou juste lavée d’une couleur diluée
  4. Une fois toutes les cases remplies, passe éventuellement un léger lavis d’aquarelle très diluée sur quelques cases pour unifier l’ensemble ou pose des touches de couleurs aux crayons.
  5. Ajoute en marge ou dans une grande case : la date, le lieu, une phrase de contexte.

Variante :

  • Tu peux en faire une page de motifs spécifiques : motifs traditionnels, éléments récurrents dans l’architecture ou l’art local, etc.
  • Tu peux te lancer un défi : n’utiliser que du stylo à bille, varier les croquis en plan rapproché et ceux en plan large, tirer les objets ou thèmes à dessiner au hasard dans un magazine local ou un livre, demande à tes amis de choisir un mot ou une lettre de l’alphabet pour trouver le sujet de ta prochaines case, etc. Laisse ton imagination dicter tes prochaines contraintes créatives.

Matériel minimal : une règle, un stylo fin ou stylo à bille, quelques couleurs. Le reste se trouve sur place.

Voici des exemples de variantes possibles :

Trois pages, un même esprit

La palette du jour, le collage de voyage et la mosaïque partagent la même philosophie : observer avec attention, choisir l’essentiel, et faire confiance à ce que la main pose sur la page, même imparfaitement. C’est cela, l’esprit du carnet de voyage en été.

Tu peux les combiner sur une même double page, ou les alterner au fil des jours selon l’envie et l’énergie du moment.

Le carnet n’attend pas que tu saches dessiner.

Il attend juste que tu l’ouvres et que tu prennes tes pinceaux !

(c) Le Japon avec Andrea.

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